On a donc fini par partir, un peu dans la précipitation, un jeudi après-midi. La dream team ? Beto le fin connaisseur du bassin, et Johny le produvolant, et Javier & Victor les muestreador sans peur et sans reproche.
Arrivé dans la nuit à Potosí le sommeil fut court. On dort quelques heures dans un petit hostal du centre et vers 7h on est d’attaque pour partir sur le terrain. Premier point de mesure : la source du mal, Laguna Pampa. C'est là oú sont récoltées toutes les boues hautement contaminées sortant des ingenios où sont traités les minerais. Ces grands réservoirs de stockage sont plutôt efficaces… sauf quand les digues cèdent…
Après Laguna Pampa, on enchaîne trois autres sites dans la journée, quand le programme de travail en prévoyait deux… On cravache dur pour rattraper le temps perdu. On arrive à Sucre dans la nuit, juste à temps pour déposer les échantillons au terminal. Une fois à l’Hôtel je me fait vite emporter par le sommeil.
Le lendemain, un levé 6h, une douche en guise de réveille toi garçon, et c’est reparti pour une longue journée. Arrivé à Sotomayor, on commence à avoir le coup de main, les échantillons d’eau et des différents sédiments remplissent les récipients en une heure et des brouettes.
Icla magique. Une conversation avec un pécheur et son petit garçon. La beauté du site remplis ses habitants d’une sérénité palpable. Retour pas trop tard à Sucre ce qui nous laisse le temps de se balader tranquilou dans les rues du centre et de se faire un bon resto réparateur de ventres vides.
A Sucre, les téléphones publics sont dans les ventres de dinosaure, les feux rouges sont roses. Le vent a de temps en temps un parfum de framboise, les Saice contiennent des locotos qui transforment la bouche en chalumeaux, et il n’est pas rare de se faire attaqué par une jolie blonde armée d’un pistolet à eau.
Le lendemain rebelote. Cette fois on mange de la route, les paysages défilent.
Des champs par millier, la lumière du soir qui rend sa splendeur à tout ce qu’elle touche. Un simple rocher devient un chef d’oeuvre, tout s’illumine, tout se donne.
Des drapeaux du MAS en haut des figuiers pour éloigner les oiseaux
Des chiens par dizaines, éparpillés le long de la route pour faire la manche, à certains moments il semblaient bien organisés, un tout les 100 mètres !
Il y aussi cette femme qui balaie les trottoirs avec une branche de palmier un dimanche matin à 6h.
Plus loin les vêtements qui sèchent sur les arbustes, sauf que c’est pas des zozos en rando qui se sont fait trempés par une averse
Les murs des maison ou restent accrochés au mur les peintures aux couleurs du MIR de Goni…
Un terrain de foot qui se fait manger par l’érosion
La voiture qui reçoit les coûts collatéraux d’une bataille d’eau près-carnavalesque
Des signes de la main des sourires des yeux qui brillent.
Quand le soleil se fait implacable, que la clim est cassé , il faut choisir messieurs, rouler en sauna ou manger de la terre
Tupiza une petite ville entourée de magnifiques montagnes d’un rouge marcien.
Palca Grande où je prends conscience que le vent et le sable peuvent devenir dangereux quand ils s’allient… Soulevé par le vent le sable rentre par le nez la bouche les yeux…
A Puente Aruma, une chaleur humide qui faisait ruisseler les visages. En rentrant, cette petite hutte où on nous a invité à nous asseoir, semblait fraîche… Impression vite détrompée. Au menu, des sábalos ! Ce fameux poisson, adulé pour sa saveur, qui se fait rare, qui monte les pécheurs contre les miniers, contaminé ? pas contaminé ? Fraîchement péchés dans le Pilcomayo qui coule dans une chaleur torride à cent mètre de là, et à porté de bouchees affamées : plus de questions, les doigts s’agitent pour écarter les nombreuses arrêtes et en tirer la substantifique chaire : ) L’instant est unique, la photo le grave, et les bières disparaissent de la table ; )
Le travail accomplis, le ventre repus, les quelques heures de voitures avec les meilleurs tubes de
années 70 passent comme une lettre à la poste (pas la bolivienne). Spéciale dédicace à Johny le roi du volant qui a su éviter, les ânes, les vaches, les cochons, les poules, les chiens, le
chevaux, qui tours à tours prenaient un malin plaisir à prendre racine en plein milieu de la route.
On assiste au passage à une bataille deux rescapés dinausores, dont le gagnant s’en tire avec un petit sourire sournois.
Après l’effort, le réconfort. On se pose deux secondes dans notre alojamiento et on file au rió. La température de l’eau semble avoir été calibrée pour le délice de la peau, le sable est douillé, les pachas se tapent la cosette :
Il y a aussi les changements de parcours… Arrivé dans le petit village de Santa Elena, on demande notre chemin pour accéder au fleuve Pilcomayo. Echec. Le lieu où l’on veut aller est relier par
un chemin qui c’est effondré avec la saison des pluies. A pied ca prendrait une journée… On doit rebrousser chemin.
On a mangé de la poussière en écoutant « another bites de the dust » ; ) mais le véritable hymne de cette équipe de travail Pilco-Spectrolab était sans l’ombre d’un doute, le tube du groupe espagnol de L’oreille de Van Gogh « porque te vas ? »
Partout des gens qui marchent… souvent des femmes. Depuis combien d’heures ? Pour combien d’autres ? Parfois des enfants.
Des bouts de chou, hauts comme trois cerises, marchent sur des kilomètres en blouse blanche, le cartable sur le dos, de la liberté dans les cheveux et le futur dans leurs mains.
Un autre gamin, à l’ombre de son arbre, attend que passe les voitures pour vendre son fromage, il disparaît dans la poussière que traîne notre 4x4…
De ville en village de village en rivière de rivière en Montagne en plateau, secoué par les pierres mangeant la poussière, cramé par le soleil, caressés par le vent, on a parcouru comme ça des centaines de kilomètres.
Et on fini par rentré à Tarija… le travail accomplis, mission réussie : juste à temps pour profiter de la fiesta de Comadres !
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