Vendredi 23 décembre 2005 5 23 /12 /Déc /2005 01:06

Juste un petit mot depuis l'aéroport de Cochambamba... que je commence à connaître d'ailleurs (je viens de réaliser que lors de mon trajet France-Tarija je me suis arrété dans tous les aéroports Boliviens, tous !)
Quand ça veut pas passer par voie terrestre il reste plus qu'à prendre la clé du ciel. En d'autres mots c'est la grosse galère au niveau des bus, la grêve continue et le seul moyen que j'avais de me rendre à la Paz pour espérer ne pas passer noël dans un bus c'était de prendre l'avion.
Les compagnies de car ne veulent pas payer leur factures et tout le pays et bloqué... J'ai par chance réussi à dénicher une des rares places qui restait dans un avion pour la Paz.  Je m'envole pour la Paz dans quelques minutes où je vais retrouver Fabian de le coloque de Mike. Me voy, cho !

Par Spokito - Publié dans : Tarija, Bolivie
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Mercredi 21 décembre 2005 3 21 /12 /Déc /2005 17:08

Evo Morales vient d'être élu président. Rien est fait, tout commence, si je suis heureux de cette étape historiique dans la démocratie bolivienne, la joie n'est pas partagé par tous... surtout dans la partie orientale du pays, mais je sens une acceptation et une attente sur les promesses que ce premier président d'originie autoctone a émises.

Il n'y a pas les blocages attendu à la suite des élections... Cool pour tous les boliviens qui comme moi s'appretent à prendre la route  pour les fêtes. Mais, c'était sans compter sur la grêve des bus que j'ai appris hier... A pararment les compagnies de transport ne veulent pas payer d'impots.. Mon départ pour Pérou en devient incertain…. Ojala que la grève s’arrete bientot! Si c’est le cas je suis demain à la Paz squattage chez Mickael avec son colloque et depart le lendemain pour le lac Titicaca objectif Cusco.

Je sais pas si j’aurai trop accès à Internet d’ici là donc au cas zou ¡Feliz navidad a todos!Don Benito.

 

Psst: j'ai mis des photos et raconté un peu mon  voyage dans le Chaco cf. article "Villamontes" !

Par Spokito - Publié dans : Tarija, Bolivie
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Vendredi 16 décembre 2005 5 16 /12 /Déc /2005 23:22

Je voulais raconter ce que j’ai découvert lors de mon séjour à Villamontes mais le temps s’envole et l’actualité politique se fait bien plus pressante !

Après une grosse incertitude, les élections présidentielles vont finalement avoir lieu ce dimanche. La campagne s’est terminée hier dans des défilés sonores de tous les partis en lice. Le pays retient son souffle jusqu’à lundi… chacun sent que ces élections sont absolument déterminantes pour l’avenir du pays.

J’ai envie voulu vous faire partager les acteurs les enjeux de ces élections…

J’en ai rêvé Mike l’a fait ! : )  Un copain qui fait son stage à la Paz est plongé dans la vie politique tourbillonnante du pays à travers l’assoc’ dans laquelle il bosse. Il m’a envoyé un bon article pour comprendre un peu ce qui se passe en Bolivie.. je l’ai copié plus bas. Je vous laisse à sa prose… Bonne lecture !

Les élections.

Avant de présenter les enjeux, les candidats et les espoirs de ces élections de septembre, il convient de revenir sur l’histoire politique récente de la Bolivie.

Victor Paz, du MNR (Mouvement National Populaire), déclare en 1952 une nouvelle constitution pour la Bolivie où  tous les hommes et femmes du pays majeurs peuvent voter. Est abolie la condition de savoir lire et écrire.

Son gouvernement met en place une nationalisation des mines et de diverses ressources naturelles ainsi qu ‘une réforme agraire qui fera date.

Son pouvoir se base sur une forte collaboration avec l’armée.

Dans les années 70, le général Banzer inaugure une longue période de dictature.

En une autre dictature, celle Garcia Mesa, de 1980 à 1981, en grande collaboration avec les narcotrafiquants, se démarque par la violence de ses actions. De nombreux membres d’IntiWatana, à l’époque étudiants, se sont battus contre ce régime policier. Lors des espaces de discussions organisés tous les lundis soirs au siège de l’association, nous revenons sur les événements tragiques de ces sombres années au cours desquelles tous les boliviens ont perdu un membre de sa famille, un ami proche ou un camarade de lutte. Ces moments de discussion sont extrêmement durs, les voix se font graves, les yeux se gonflent, les levres se pincent.

C’est en 1982, que la Bolivie fête le retour de la démocratie.

 

 Les élections [de ce dimanche 18decembre] ont failli ne pas avoir lieu.             

La remise en cause des élections au mois de septembre fait suite au recensement de 2001 qui établissait une forte augmentation des régions de Chobabamba et Santa-Cruz, à l’est du pays. Ces deux régions ont bénéficié d’un exil massif ces dernières années du fait de la découverte de gisement de gaz dans leur sous-sol. Santa-Cruz, principalement, exige à juste titre plus de représentants au Parlement.

Le Tribunal Constitutionnel leur a donné raison au mois de septembre, en supprimant des sièges à La Paz , Oruro et Potosi et ce, en pleine campagne electorale !

Cet évenement cristallise l’affrontement ouvert entre occident et orient, entre collas et cambas, entre indigènes et descendants d’européens, entre l’altiplano froid et anciennement minier et la jungle chaude et riche en gaz et petrole, entre La Paz et Santa-Cruz.

Un parti independantiste de Santa-Cruz vient de rédiger une constitution pour leur région, créant une brêche énorme dans l’unité du pays.

Lors de mon dernier séjour à Potosi, un ami bolivien me disait que sa région, si Santa-Cruz se déclarait autonome, rejoindrait le Chili, Tarija, au sud du pays se rallierait à l’Orient, tandis que La Paz et Oruro, au nord, et au nord-ouest de la Bolivie continueraient de former ce qu’on appelle la Bolivie.

D’autre part, un mail tourne actuellement sur internet pour dénoncer l’encerclement de la Bolivie par des forces militaires. Il y aurait plus de 35 000 soldats positionnés autour des frontières chiliennes, argentines et Paraguay qui abrite notamment une base état-unienne à 200km de la Bolivie.

Voilà les bruits qui courent.

Le dernier coup en date, est le repoussement de la date des élections ; elles auront lieu le 18 décembre prochain alors que la date initiale était le 4 décembre.

Il y a plusieurs réactions.

Tout d’abord, un consensus s’est formé pour attribuer les 6 sieges à l’Orient mais l’Occident exigeait que ce n’est pas lieu avant 2010 car on ne change pas les règles en cours du jeu. Finalement, l’Orient a obtenu gain de cause.

S’il est constitutionnel de modifier la repartition des sieges, il n’est nullement constitutionnel d’élire les préfets au suffrage universel, et c’est pourtant ce qui va se passer fin décembre (si ca a lieu). Cette élection des préfets est une exigence de Santa-Cruz ; le bordel !

Enfin il ya une reaction de dépis, de se dire que pour la premiere fois, un candidat d’origine indigène, Evo Morales, a la possibilité de devenir président, les forces conservatrices et neo-libérales du pays foutent la merde dans les derniers mois d’une campagne électorale ressentie comme le dernier espoir pour l’unité du pays et pour la revanche d’un peuple à 70 % Aymara ou Quechua. Ce pays a pourtant toujours été gouverné par des élites blanches, souvent pro ou proches des EE UU.

En effet, comment se fait-il que les conclusions du recensement de 2001 ne soient appliquées que maintenant ? Pourquoi avoir attendu tant de temps ?

Les partis politiques.

Huit partis s’affrontent pour ces élections présidentielles. Quatre de gauche, quatre de droite.

A gauche, les deux grandes forces sont le MIP, le Mouvement Indigène Pachakuti, qui prône un retour à un fonctionnement traditionnel andin, et le MAS.

Le Mouvement Socialiste dirigé par le leader Evo Morales est en tête des intentions de vote avec 35 à 38 % d’opinions favorables, indication sans grande fiabilité dans ce pays à 40% rural.

Ancien chef du syndicat des cocaleros, Evo Morales est présenté par ses opposants et par les media étrangers comme un narcotrafiquant. Cette image qui est donnée à Evo ne doit pas être étrangère à la qualification de la Bolivie, comme le Vénézuela et Cuba sur le continent américain, de  « membre de l’Axe du Mal » par la Maison Blanche. Le MAS propose une nationalisation des ressources naturelles et notamment celle du gaz. Le programme du parti se propose d’orienter plus le commerce et les échanges avec les pays andins plutôt que de se tourner exclusivement vers les Etats-Unis, actuellement premier partenaire commercial de la Bolivie.

A droite, deux partis se déchirent.

Le Podemos, dirigé par Jorge « TUTO » Quiroga, est né des décombres du ADN, le parti du dictateur Banzer, réélu en 1997 et mort à la tête de l’Etat en 2001. Son décès a conduit le Vice Président, Tuto, au pouvoir pendant un an. Pour Coco, le coordinateur général d’Intiwatana, les élites du Podemos sont profondément fascites, elles ont gardé l’idéologie des années 70. Le Podemos se propose de nationaliser les ressources naturelles tout en gardant des liens forts avec l’oncle Sam. Le Podemos recueillerait 25 à 30 % des voix.

L’Union Nacional (UN), dirigé par le milliardaire Samuel Doria Medina, se présente comme la voie médiane, l’alternative entre le socialisme et le conservatisme de Tuto. Pourtant son programme recoupe les précédents : nationalisation et ouverture sur l’extérieur. L’originalité de son programme tient au fait que les régions bénéficieraient d’une large autonomie. 10 à 20 % des sondés se déclarent en faveur du programme de Sam dont le slogan est « Samuel da la cara a Bolivia », littéralement, Samuel donne le visage pour la Bolivie.

Les deux partis de droite tentent de s’acheter une image proche du peuple, une image de défenseur des intérêts de la Bolivie , une image de catalyseur pour dynamiser le pays. Pourtant, Doria Medina n’est-il pas le représentant de Burger King, entreprise nord américaine,  en Bolivie ? Tuto n’a-t-il pas été cadre dirigeant pour IBM ? Malgré tous leurs efforts pour apparaître comme les protecteurs de la Bolivie face aux Etats-Unis, pays profondément source de méfiance chez les Boliviens, les deux candidat se sont-ils pas déjà suffisamment impliqués avec les Yankees pour réellement apporter une alternative tant espérée sur l’Altiplano ?

S’il y a un consensus pour taper sur le MNR qui a toujours fait partie du paysage politique depuis 50 ans, l’on assiste à une « guerra sucia » entre les grands partis. Le MAS refuse de débattre avec le Podemos qui a qualifié Evo de narcotrafiquant et qui a diffusé une publicité mensongère contre le MAS. L’UN se moque des origines du Podemos, parti bis du général Banzer.

L’autre consensus tourne autour de la nationalisation des ressources naturelles. Avant la privatisation, notamment de celle du gaz, la Bolivie tirait 250 millions de dollars de rentrée d’argent. Le montant est tombé à 40 après la vague de libéralisation qu’a choisi, subi ( ?) la Bolivie.

Tous les partis politiques ont fait le constat de l’échec du libéralisme à l’extrême en Bolivie alors que ce système fonctionne plus ou moins au Chili. Tous les candidats proposent un retour de l’Etat, la différence entre les partis dépend du poids futur de l’intervention publique.

La plupart des personnes que je fréquente est en faveur du MAS. Ces personnes redoutent qu’Evo n’obtienne pas 51 % des voix dès le premier tour et qu’il soit obligé d’accepter l’appui des députés de l’UN pour devenir président. En effet, le premier tour est un suffrage populaire tandis que le second se joue au Parlement. Si cette possibilité se réalise, Evo sera en position de faiblesse pour engager ses réformes ; le risque d’une déception est grand.

D’un point de vue plus personnel, je suis heureux de vivre une élection d’aussi prêt. La ville de la Paz est en pleine effervescence, tous les poteaux se recouverts d’affiches, les murs se transforment en espace d’expression, les endroits stratégiques de chaque quartier sont mobilisés pour accueillir les rassemblements des partis, la Plaza del Estudiante par exemple est parfois partagée en deux, entre la musique du Podemos et les affiches du Mas.

Dans la capitale, j’assiste à la guerre entre les grands partis, je participe aux débats, je tente d’en organiser, j’épaule mon association dans sa production de « Guide de transparence », je lis la presse, je discute avec les boliviens, je rencontre les candidats…

A force d’approfondir le sujet, je découvre l’ignorance des boliviens sur certains points stratégiques, leur courte mémoire, leur facilité à se faire acheter. Lors de son passage à la tête de l’Etat, Tuto a durement réprimé des manifestations de syndicalistes. Des personnes sont toujours perdues de vue, plus d’une trentaine est morte pour avoir défilé pacifiquement. D’autre part, beaucoup de boliviens condamnent la dictature de Banzer et son retour au pouvoir à la fin des années 90 mais ne prennent pas en compte que son Vice Président est l’actuel candidat du Podemos. Enfin, lors d’un de mes déplacements dans la compagne pour animer un séminaire sur la démocratie participative, nous nous sommes retrouvés nez à nez avec Tuto. J’étais sidéré devant la débauche de moyens, c’est-à-dire de casquettes, t-shirts, drapeaux, que ce gringo distribuait pour acheter le vote des paysans qui sont loin de partager le rêve de Tuto de gravir l’Everest.

Pour conclure, malgré mon détachement en tant qu’étranger par rapport à cette campagne, je ne peux pas m’empêcher de me placer vis-à-vis de cette élection. Je penche donc vers le Mas, parti profondément proche des paysans et des classes moyennes des villes. Je souhaite voir gagner Evo qui donnerait à la Bolivie une représentation à l’image de sa population. Pourtant, des critiques et des bémols ne peuvent être passées sous silence. Malgré ses origines indigènes, le Président péruvien, Toledo, est loin d’être apprécié par son peuple. Enfin le MAS est une agrégation de syndicats, de fédérations, d’associations diverses, bref de groupes d’intérêt variés qui vont tous tirer la couverture en leurs faveurs. Le MAS n’a d’autre part aucune ou très peu d’expérience en matière de gestion du pouvoir à la tête d’un Etat.

Après les moments douloureux des années 90, le retour du dictateur Banzer, et l’ultralibéralisme de Goni, la Bolivie se trouve à un moment crucial de son histoire : à travers l’homme qu’elle choisira dimanche, elle se dotera d’un fonctionnement qui ira soit dans la continuation des expériences du passé soit vers un changement de cap qui se propose de développer des alternatives au système mondialisé.

Mickael Bodergat

Par Spokito - Publié dans : Tarija, Bolivie
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Mercredi 14 décembre 2005 3 14 /12 /Déc /2005 01:01

 

 

C'est dans un petit café internet, un ventilateur devant les yeux que j'écris ce message. On est arrivé hier soir à Villamontes. La route tortueuse qui lie Tarija à cette ville est splendide, agrippée aux falaises, zigzagant à l'extrême pour rejoindre les derniers soubresauts de la cordière des andes.

Ces montagnes couvertes d'une nature luxuriante laissent parfois montrer cette roche d'un rouge puissant qu'elle recouvre.

 

 

 

 

 

 

 

La dernière descente nous conduit  dans la plaine du Chaco, la ou le Pilcomayo après avoir dévalé furieusement ses 500 Km d'Andes vient se détendre les orteils.

  

 

 

L'arrivé dans le Chaco c'est un peu comme rentrer dans un sauna, un sauna géant à ciel ouvert, un truc de dingue à faire pâlir d'envie les suédois. Après s'être mangé 6 heures de pistes de terre on s'est posé quelques instant avant d'aller trouver Smolders un scientifique hollandais qui a travaillé pendant des années sur la contamination du fleuve. Ambiance bonne enfant autour d'une bière fraîche, à l'ombre des arbres de son jardin, on discute Pilcomayo, contamination, collaboration avec lui et des étudiants en biologie qu'il encadre.

 C'est vers 9h qu'enfin on aborde la question qui travaillait notre ventre depuis quelques temps: manger ; )
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 On s’est donc dirigé vers le resto de la Plaza principal de cette petite bourgade où j’ai mangé le meilleur morceau de viande de ma vie. Un cuadril venu tout droit d’Argentine d’une tendresse à ne pas en croire ses papilles gustatives. On s’est donc régalé en regardant les palmiers arrosés de la lumière orangée des lampadaires, baignant dans une chaleur moite. Le ventre bien remplis, je restai médusé devant le passage de deux minettes dans leur Audi TT décapotable. Non pas parce qu’elles étaient aussi jolies que leur voiture mais parce que, les voir faire le tour de la place une, deux, trois quatre fois me laissait dépité. Pourquoi ce manège ? Pour s’afficher, montrer le fric qu’elles ont ? Pour tuer un ennuis mortel ? Peut être un peu de tout ça, mais je pouvais m’empêcher d’éprouver un peu de pitié devant ce provincialisme qu’on retrouve parfois sous la même forme à Tarija.

 

 Après une bonne nuit de sommeil on est parti pour « la vertiente », site d’exploitation d’hydrocarbure de la British Gaz. Cette entreprise extrait du gaz de plusieurs puits situés au bord du Pilcomayo.

 

 

 

Après s’être mis en combinaison de combat (botte, lunette et boule kies) on nous a expliqué le procesus de purification, oui dans le même genre que cet ama de tuyaux inextricable que l’on voit depuis l’A7 en arrivant sur Lyon. Je peux pas dire que j’ai tout compris mais une chose est sure : il y a de l’eau dans l’gaz. Cette eau est séparée traitée et mise dans des puits anciens et vides. Du coup c’est un circuit fermé. Ils m’ont paru sérieux avec leur norme ISO 14 001 et leur contrôle de sécurité etc.. J’ai pas vu dans ce site un haut lieu de la contamination environnementale… reste ce qui se passe à long terme, après la fermeture des puits, le réchauffement climatique..

 

 

 

 

L’après midi l’objectif était d’observer des “pasivos ambientales”, puits de pétroles qui ne sont plus exploités mais qui continueraient à polluer. On a été guidé par deux personnes de la sous préfecture de Tarija.

 

 

Après avoir quitté la route asphalté, on s’est engagé en 4x4 sur un sentier étroit à travers la végétation luxuriante de cette région. Une crevaison (occasion pour faire les marioles avec l'appareil photo ;) et une demi-heure plus loin nous nous arrêtons au bords d’un ruisseau dont la couleur de l’eau laisse présager le pire…

La voiture ne peut plus allé plus loin et on commence alors à s’enfoncer dans la jungle à pied pour pouvoir accéder à cet ancien puit de pétrole à l’origine de la contamination. Plus on avance et plus l’odeur de mazoute se fait forte, l’eau prend des couleurs… On arrive enfin au puit, difficile à imaginer qu’il y a eu une route qui un jour permettait d’accéder jusque là. Le site est clairement contaminé malgré la fermeture du puit par l’entreprise nationale d’exploitation. Il existe 32 autres puits comme les deux qu’on a visité… il y a fort à parier que ce ne sont pas les seuls à déverser leur liquide noir dans un environnement magique en toute impunité.

Avant de rentrer sur Tarija nous avons visité un autre site d’exploitation d’hydrocarbure. Beaucoup plus grand que l’autre, plus récent aussi il est situé proche d’une réserve naturelle et appartient à un consortium dont fait partie d’une entreprise bien connue de l’hexagone… Total.

 

Eux aussi ont la norme ISO 14001 ils mettent aussi en avant la responsabilité sociale les règles de sécurité rigoureuses… mais je peux pas dire que j’ai été convaincu. Lorsque j’ai demandé à avoir des précisions sur le devenir de l’eau sortant des puits de gaz, notre interlocuteur a paru gêné, à part l’existence d’un traitement nous n’avons pas pu avoir de précisions… Nous n’avons fait que visiter un nouveau site d’extraction, fort intéressant mais peu pertinent pour avoir une idée de l’impact du site sur la contamination du fleuve. En partant on a aperçu un tuyau provenant du site déversant de l’eau dans le Pilcomayo… Je suis rentré un peu surpris qu’on n’ai pas plus creusé cette question, au risque de gêner un peu les dirigeants de l'entreprise qui nous ont accueilli. Affaire à suivre.

Le retour à Tarija fut tout aussi splendide que long. La route était aussi tortueuse qu’à l’allé avec les croix au bords de la piste regardant le fleuve du haut de la falaise, et la voiture qui bondissait en virtuose entre chaque virage.

 

Au fils des heures les montagnes qui regorgent de vert se dévêtissent peu à peu, toujours somptueuses, pour laisser place à cette herbe drue des hauteurs de l’altiplano. Nous avons retrouvé Tarija et sa douceur dans une nuit étoilé dont je ne reconnaissais qu’Orion et sa ceinture.

Par Spokito - Publié dans : Tarija, Bolivie
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Lundi 12 décembre 2005 1 12 /12 /Déc /2005 16:06

J’m’en va. Je pars dans une heure pour Villamontes. Une petite ville au sud du département de Tarija plutôt jolie paraît-il et bien connue pour la chaleur légendaire qu’il y fait.

Je reviens mercredi. Au programme, rencontre avec un scientifique spécialiste de la contamination aux métaux lourds, visites de plusieurs sites d’exploitation d’hydrocarbure, rencontre avec une communauté vivant sur les bords du fleuve Pilcomayo, plus… les imprévus.

J’ai par encore de « sound système » mais je me suis acheté une guitare!  Je commence à gratouiller du folklore d’ici aidé par mon prof : c’est trop bon.

 Allez je vous laisse pour 6 heures de chemins de terre. Hasta luego !

Par Spokito - Publié dans : Tarija, Bolivie
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