Vendredi 3 février 2006


Salut ! L’autre jour il y a une chanson qui m’est rentrée dans les oreilles, je l’avais déjà écouté, mais sans jamais y faire vraiment attention,  et, sans savoir pourquoi, ce jour la en marchant sur le trottoir de la rue Sucre, entre les odeurs des étalages de fruits, le bruits des taxis, au milieu du mouvement des passants, je suis resté scotché en écoutant ces paroles, acides, amères mais aussi sonnant comme un appel détonnant et provocateur pour une autre Europe.  

Extraits

Les petits patrons font les grandes rivières de diamant.
Deux fois.

Les roses de l'Europe sont le festin de Satan.
Je répète :
les roses de l'Europe sont le festin de Satan.

Nous travaillons actuellement pour l'Europe.
Nous travaillons actuellement pour l'Europe.
Nous travaillons actuellement pour l'Europe.
Nous travaillons actuellement pour l'Europe.
Voire pour le monde.

Chère vieille Europe, cher vieux continent, putain autoritaire,
aristocrate et libertaire, bourgeoise et ouvrière,
pourpre et pomponnée de grands siècles et colosses titubants.

Regarde tes épaules voûtées, pas moyen d'épousseter d'un seul geste,
d'un seul, les vieilles pellicules, les peaux mortes d'hier et tabula rasa...

D'ici on pourrait croire à de la pourriture noble et en suspension.
il flotte encore dans l'air de cette odeur de soufre. Sale vieille Europe,
celle qui entre deux guerres et même encore pendant caressait pour son bien
le ventre des pays de ses lointains ailleurs et la bite à la main
arrosait de son sperme les sexes autochtones.

On se relève de ça ? On se relève de tout, même des chutes sans fond...
Nous avons su monter nous avons su descendre, nous pouvons arrêter
et nous pouvons reprendre...
Europe des lumières ou alors des ténèbres ;
à peine des lucioles dans les théâtres d'ombre.
A peine une étincelle dans la nuit qui s'installe et puis se ressaisit,
et puis l'aube nouvelle, après les crimes d'enfance,
les erreurs de jeunesse on n'arrache plus les ailes des libellules d'or.

Nous travaillons actuellement pour l'Europe.
Voire pour le monde.

Amnistie, amnistie ou alors amnésie, qu'est-ce que vous volez que ça foute,
de toutes façons il faut bien avancer, pressons le pas camarade
et puis réalisons réalisons, il en restera toujours quelque chose, allez !
Matérialiste alors ça fait qu'au moins on est sûr de n'pas se tromper,
et du tangible alors jusqu'à l'indigestion, du rationnel alors
et jusqu'à en crever, des logiques implacables mais toujours pas de sens...
Eh princesse de l'Histoire dans sa marche forcée,
on finit par se perdre en passant sous tes arches multiséculaires.

Voire pour le monde.
Nous travaillons actuellement pour l'Europe.

On est passé de tes arcanes passées, passé de tes arcanes passées,
on est passé de tes arcanes passées, aux charmes technocrates...
Alors l'Europe alors l'Europe alors l'Europe !
Bruxelles, Schengen, Stasbourg, Maastricht, PIB, PIB, CEE, Euratom, OCDE et GATT.
Protégez-nous marché de cet AMI commun d'un monde si petit.
Euromonnaie unique, Nasdaq et CAC 40, orgiaque, idyllique, faites de la poésie,
soutenez la culture, produisez du spectacle et de l'entertainment
comme on dit chez nos frères d'Outre-Atlantique et toc anciens Européens,
nouveaux maîtres du monde pendant que le dragon asiatique rêve…

fait ses étirements….
il est beau et puissant…
crache du feu gentiment.

Pendant qu'Ernest Antoine Seillière fait son apparition et nous déclare sa flamme
il nous aime et nous dit :
" Nous ne sommes pas comme les politiques soumis à la pression de la rue. "


Et on entend au loin résonner les clameurs de la foule,
les beaux mouvements d'ensemble, les défilés glorieux et puis la lutte des classes.
Et maintenant c'est sérieux, eh bébé, c'est sérieux, on ne croit plus en rien,
nous montons de toutes pièces ce buisness et Basta, on chevauche pas Pégase
ça c'était pour l'extase c'est fini.


Extension, expansion si possible, mais pas de rêve à porter seulement des dynamiques.
D'abord la thune, bébé et le reste suivra et le reste viendra c'est ce qu'on dit
je crois en cette époque là bénie des globophages.
Chère vieille Europe, ta tête connaît à peine tes jambes qui souvent
ne comprennent pas tes bras, comment ça marche encore déjà.
Comment ça marche un corps étranger à son corps on n'sait pas on s'en fout
on s'embrasse quand même et puis on a raison.


Sale vieille Europe, te souviens-tu de la force brutale, occident mal luné,
guerre brûlante, guerre froide, et enfin de guerre lasse et enfin de guerre lasse.

Nous travaillons actuellement pour l'Europe.

En veux-tu en voilà des écoles de la performance et voilà des patrons
créateurs du Global buisness dialogue ou Electronic commerce
pour s'asseoir en gloussant sur toutes les exceptions à commencer
par ce truc machin culturel.

Histoires de producteurs et de consommateurs, du producteur au consommateur,
du producteur au consommateur, et des intermédiaires à plus savoir qu'en foutre,
toute ton âme s'est usée sur ce chemin sans fin et sur ce va et vient on y va,

nous aussi, profiter, pas de raison, après tout ça ira,
on n'en aura pour tout le monde, y'en aura pour tout le monde,
on a dit pour tout le monde, pour tout le monde, pour tout l'monde et mon cul !

A quelle hauteur vas-tu ériger tes remparts ?
Où vas-tu repousser tes nouveaux murs d'enceinte ?

Europe  -  Noir Désir,  Des Visages, des Figures (2001)

Par Benoît Verzat - Publié dans : Tarija, Bolivie
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Vendredi 27 janvier 2006


Ce matin à la télévision j’ai vu Evo Morales annoncer qu’il diminuait son salaire et celui de ses ministres de 57 %... On est loin de Tony Blair… Ca m’a fait pensé à dimanche dernier : la prise de pouvoir d’Evo Morales, élu président de Bolivie par plus de 51 % de ses concitoyens. 
 

 


 

 Attablé devant un picante de pollo, en face de la télé d’un petit resto, j’ai suivi avec une dizaine de boliviens attentifs, ce moment historique.

Avec sa coupe obole et sans cravate, une fois les formalités accomplies, il est monté à la tribune pour y faire son discours.

De ces paroles tant attendues j’y ai vu transpirer une souffrance. La souffrance de « 500 d’oppression des peuples indigènes ». Il a voulu faire de sa victoire une justice. J’ai senti, même s’il s’en défendait, une revanche, une revanche contre la colonisation, contre 200 ans de démocratie sans un Homme à la peau foncé à la tête d’un pays qui en compte une majorité. J’ai senti aussi un amour pour ce pays, et une volonté de cultiver les amitiés avec ses voisins, avec le Chili, cet ennemi tacite depuis tellement d’années. Evo Morales a salué avec chaleur la venue de son président à cette remise de pouvoir.

J’ai trouvé un homme qui parlait franc, qui a vite laissé ses notes pour dire ce qu’il avait sur le cœur. Un homme qui n’avait pas peur de jeter à leurs faces la corruption de ses prédécesseurs. Jaime Paz, tarijenien, ex-président, faisait d’ailleurs peine avoir quand Evo l’a apostrophé à ce sujet. Un homme donc qui parle vrai, qui fait rire l’assemblée en réveillant un auditeur assoupis ou se comparant à Chavez pour la longueur de ses discours.

 

Je craignais que son désamour pour les Etats Unis et son gouvernement n’éclate en cette occasion. Mais il a su être mesuré faisant des States des alliés… sur le même plan que Cuba… sans pour autant oublier d’insister sur la souveraineté de son pays. Personne ne peu décider à la place de la Bolivie de ce qui est bon pour elle, que ce soit au sujet des espaces de libres échange, de l’utilisation de ses ressources naturelles, ou de la culture de la coca. Au sujet de cette fameuse feuille il s’est fait ennemi impitoyable du narcotrafic. La coca oui, la cocaïne non, tout en soulignant bien que les Etats-Unis n’avaient rien à dicter à son pays en la matière. Il a affiché avec force sa volonté d’en finir avec le modèle colonial et néolibéral mais sans vraiment en préciser les modalités. 

 J’ai quand même trouvé qu’Álvaro Garcia, son vice-président, a su mieux que lui incarner le rassemblement, l’unité d’un pays tellement diverse… il lui sera d’une grande aide je pense. Ca me faisait plaisir et me soulageait de sentir les Chapacos fier de leur président, de la voix qu’il porte au niveau international.

 

 Toutes ces impressions sont un peu décousues mais j’avais envie de vous faire partager ce moment important qu’a vécu la Bolivie.

C’est aussi l’occasion de préciser quelques aspects… Qu’on se rassure (pour ceux qu’un étranger au pays des 180 coups d’Etat préoccupe, cf… ma famille :) je suis pas un fanatique du MAS ni un adorateur d’Evo, j’aurai d’ailleurs été probablement plus modéré que Mickael si j’avais écris un texte sur les élections (voir l’article Election). C’est sur que pour moi, un étranger doit rester réservé quand à ce qui est d’afficher ses opinions politiques. Pas tellement pour une question de sécurité, mais plus pour une question de respect, de prudence, de recul, de conscience de son ignorance sur un pays que je connais finalement pas tellement. Ceci dit entre les deux candidats principaux des dernières élections, je suis convaincu que le moins pire des deux était Evo Morales et que son élection constitue une réelle avancée pour la démocratie du pays.

 

En tout cas je suis content d'être plongé au coeur de l'Amérique Latine dans ces moments où on sent un désir de proposer des aleternatives à un système économique dont on voit les ravages qu'il a fait ici.

Difficile à dire comment tout ça va se concrétiser, tout reste à faire, mais il y a de l’espoir, et ça c’est important : )

 

Par Spokito - Publié dans : Tarija, Bolivie
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Mardi 24 janvier 2006

Machu Pichu (ceci n’est pas un Pokémon)

 Je suis désolé, je vous ai pondu un roman, le pire c’est que je me suis contraint à ne pas tout raconter. M’enfin, ce qui est beau dans tout ça, c’est que.. ne lit qui veut : ) !

 

Arrivé à Cusco, j’ai très vite compris qu’il y a avait un truc que je pouvais pas manquer. Une rando de 4 jours à travers des paysages terribles qui rejoint le km 82 jusqu’au Machu Pichu, site légendaire Inca s’il en est un, un trek fameux dont le nom met des images aux mots « El Camino del Inca ».

 Après avoir luté pour dénicher un prix un chouilla moins cher que l’astronomique somme demandée par les 7 agences autorisées (c’est que je suis pas encore habitué à payer pour faire de la rando), j’ai fini par obtenir (forcé de dépasser un peu sur mes 2 semaines de vacances) une des rares places qui restait pour le 4 janvier.

Donc le 4 au matin j’avais rendez-vous sur la Place principale de Cusco pour prendre un bus avec mes campañeros de marche jusqu’au point de départ du Trek…

Sauf que ça s’est pas exactement passé comme ça.

Il est 7h30 du matin, la plaza de armas est vide, je suis frai comme un type qui a dormi trois  heures. A peine descendu de mon taxis, la dame qui m’a vendu le Trek me dit sur le trottoir que mon groupe est parti hier soir, qu’ils ont commencé a marcher ce matin à 6h du “Km 82”, que je vais faire la rando en trois jours au lieu de quatre, qu’il va falloir un peu cravacher pour les rejoindre. Et moi je bronche pas, je répond ok, je suis un peu trop à l’ouest pour comprendre le pourquoi du comment.. Je monte docilement dans le taxi avec une fille de mon âge dont j’apprend un peu plus tard que c’est la guide avec qui je vais devoir carburer pour rattraper les autres personnes du trek..

En fait , ça me fait ni froid ni chaud, je suis bien trop content d’être bien callé dans mon siège pour pouvoir pionser un peu : ) Deux heures de route plus tard on arrive à Km 82, point de départ du Camino del Inca.

Ma guide, Sintia me donne mon casse-croûte puis le sien que je mets dans mon sac. Une campesina bardée de toute sorte d’attrape-touriste m’aborde pour tenter de me vendre quelque chose. Elle me dit avec un petit sourire malin : « Oh que votre sac est lourd, boudiou que ça va être difficile de marcher comme ça… » le tout en me faisant miroiter l’aide inestimable que représenterai ses bâtons de marche. Je la remercie gentiment et m’en vais en rigolant. Nanpeche qu’elle en a amadoué plus d’un, sur le chemin il y avait 2 gringos sur 3 marchaient avec ce bâton de bambou chapeauté d’un petit bout de tissus coloré tipcally-alti plano.
 

 

Et c’est parti pour les premiers pas sur le chemin de l’inca, ses débuts sont densément peuplés...  beaucoup d’américains, pas grand monde qui a l’air du coin....... sauf les porteurs... Ils sont en sandale, ils ont trente kilos sur le dos, et ils marchent deux fois plus vite que toi...

Après une petite demi heure de marche on arrive a être tout les deux seuls sur le chemin, les montagnes rien que pour nous, et je me dis que c’est plutôt sympa d’être juste deux, de discuter dans la quiétude sans avoir tout un groupe autour de soi. On grimpouille comme ça tranquillement jusqu’à 15 h, savourant le paysage, bavardant  insouciant d’un peu de tout, ça ressemblait plus a une marche avec une copine qu’un trek tout organisé minutisé. 
 

 Et puis dans une montée au hasard d’un « hola », on se rend compte que la bande de brésilien qui souffle fort dans les virages fait partie du groupe Puma trek que l’on devait rejoindre. 

Il est 16h30 quand on arrive au campement. 3800 m, les tentes sont montées. Je commence à prendre conscience du luxe. Les porteurs s’activent déjà pour mettre en place la tente commune et préparer le thé. Je salue mon groupe. Oui, oui, c’est moi celui qui devait vous rejoindre. Il y a donc 4 jeun’s brésiliens, un hollandais et sa copine américaine, un anglais, et 8 cusceniens : 6 porteurs plus les deux guides. Après avoir salué tout ce beau monde, je me jette dans ma tente pour profiter des deux heures de sommeil avant le repas, en précisant que je me passerai du thé ; )

On se régale du dîner et l’envie de dormir nous dirige sans tarder vers nos tentes respectives.

 

 

Le réveil est à 5h, la pluie tombe, les idées embuées sont bien remises en place par un mon petit dèj agrémenté au maté de coca. Au milieu des nuages entre les gouttes de pluie, nos petits pas nous mènent à 4200m. Au col la pause se savoure.. : )

 Et puis, toujours, il y a la magie des montagnes, les nuages avaient beau essayer de cacher leur superbe, rien n’y faisait, dès que les voiles blancs se dégageaient un peu, une force formidable s’en extirpait.

Les nuages emmitouflaient le monde, tout était calfeutré, les sommets se devinaient, et il y avait ce mot qui flottait dans l’air, un mot qui ne veut rien dire mais qui reflétait parfaitement l'atmosphère : mystique. 

 

 

Les visites de deux sites de ruines inca vinrent s’intercaler dans les 8 heures de marche de cette journée. Et moi de me dire, sont fous ces incas!  Quelle folie les a donc piqué pour aller construire des villes dans des coins tellement inaccessibles ? Toujours plus proche du soleil ? 

   

 

 La descente qui mène au dernier campement est interminable, mais pour celui qui comme moi n’a jamais vu la jungle, la vraie, celle qui déborde de végétation, celle qui se couvre de mousse, celle des orchidée, des lianes, celle de l’humidité sans nom, cette descente est vraiment grisante.

 

  A l’arrivée au camp, c’est tout les muscles de ton corps qui crient à la délivrance, la douche n’est  qu’à moitié chaude mais chaque goûte se savoure.  

C’est notre dernier soir, le lendemain : Machu Pichu. Dans ce campement on retrouve les 200 marcheurs. C’est le nombre limite de randonneurs autorisés par jour à parcourir le Camino del Inca. Le campement est accroché à la montagne, les tentes sont éparpillées sur la pente, camouflées par la végétation, si bien qu’on se demande où dorment tous ces gens.

Le lendemain, les porteurs, après avoir démonté les tentes avant l’aube, prendront un autre chemin pour attraper le train menant à Cusco, tandis que nous parcourrons les deux dernières heures qui nous séparent du Machu Pichu. 

Après le repas, le guide nous dit : « Maintenant je vais vous présenter les porteurs, vous allez les remercier pour leur travail et leur donner un pourboire ». Je peux pas m’empêcher de penser (un peu à haute voix d’ailleurs) .... quelle hypocrisie, ça veut dire quoi de présenter les gens quand ils s’en vont?! C’est quoi cette pseudo-solidarité avec ces hommes qui ont mouillé leur maillot pour notre petit confort? Qu’est-ce que ça veut dire de la part d’un guide de l’agence d’insinuer l’air de rien qu’ils sont payés au lance-pierre et que nous serions des monstres de ne pas leur donner 30 soles ? Nous avions marché trois jours et je ne connaissais pas le nom de la moitié des porteurs, honteux, je demandais à ce qu’on puisse se présenter au début du trek…. pour la prochaine fois... 

 

Une fois les au revoirs accomplis (qui finalement ressemblaient plus à une formalité qu’à autre chose), nous sommes aller nous coucher aussitôt, soucieux de profiter des quelques heures de sommeil disponibles avant que nos yeux ne doivent s’ouvrir de nouveau.  

Réveil à 4h, il fait nuit noire, les jambes sont lourdes, les muscles tirent, tout ranger, aller manger. Le petit déjeuner en silence sous le ciel d’un mauve sombre qui se change en bleu petit à petit. Les nuages tapissent la vallée, la lumière opère, la vallée se livre, j’ai rarement  vu un spectacle aussi beau que le réveil de ces montagnes couvertes de jungle …  

 

 

 La marche reprend entouré par ce spectacle. Après avoir passé le check point à l’entrée du chemin qui mène au Machu Pichu les gens sont tout-fous, presque à courir pour arriver jusqu’au fameux site les premiers, une heure de marche plus tard certains le souffle court, ils sont tout de suite plus sages ;) 

A l’arrivée aux portes du soleil, la vallée qui entoure est voilée, mais bien vite soleil fait sont apparition pour tout recouvrir de ses dorures, notre anglais sort un “splendid” mémorable : )

Je vous laisse aux photos .. le Machu Pichu parle tout seul...

 

 

 

 

 

 

                                

Après avoir été guidé dans ce site magique et l’avoir parcouru de long en large, j’avoue que mes jambes n’étaient plus que douleur à chacun de leurs mouvements. Seulement, le problème, c’est qu’adossé au Machu Pichu, il y avait cette montagne qu'on voit au fond de la dernière photo.  

Et que si tout mon corp criait : « queneni tu ne monteras pas », l’envie terrible de grimper la haut se faisait plus forte. Une heure et demis de cette montée, plus verticale que ca tu tombes, à chaque pas c’etait terrible, des aiguilles dans les muscles, honnetement j’ai jammais eu aussi mal aux jambes, mais il y a quelque chose de plaisant dans cette douleur physique : ) 

Seulement le jeu en vallait la chandelle de mes jambes moulinées, le chandellier en or massif de la vue, la haut, c’était enormissime.


Je passe de commentaires la descente, parce que chacun sait qu’il n’y a rien de pire qu’une descente quand la montée est douloureuse... ;)

Je me fait voller les 6 dollards réglementaires que vallent les 15 min de Bus jusqu’a Aguas calientes, le petit village au pied du Machu Pichu ou j’avais rendez-vous avec mon groupe dans un resto. Après m’avoir dis que j’avais pas le droit une nuit d’hotel , mon contrat, preuve à l’appuis, mon guide fini par etre obligé de me denicher une chambre dans un “hotel”. Pilar, une fille de Lima  avec qui j’avais fait la grimpette de une heure et demi descide de rester à Aguas Calientes. Elle change son billet de train pour Cusco, et le mien par la meme occasion pour que je puisse rentrer demain matin et pas en fin d’aprem. C’est l’occasion de renconter trois uluberlus, un bresílo- norvégien, un américain et un français qui s’étaient rencontrés la veille au milieu de la nuit marchant à la lueur de leurs lampes de poche sur les railles qui ménent jusqu’à Agua Calientes. C’est bon de se sentir un goût commun pour la liberté.
On se dirige alors vers les fameuses sources d’eau chaude du village dont je rèvais éveillé depuis le dernier sommet. 

Le village Aguas Calientes

 

Et là, à l’instant même où je me plonge dans cette piscine d’eau chaude à ciel ouvert, tout s’efface, la douleur, la descente, les muscles, les aiguilles, plus rien, juste du bonheur, Pilar a alors la merveilleuse idée d’avoir envie de me faire des massages, et là, tout n’est plus que calme et volutpé.; )

De retour à Cusco Silvia a alluciné de me voir débarquer un jour plutot. C’est rien je lui dis, je l’ai juste fait en courant, ce trek ; ) Et moi de savourer un petit jour de plus avant de devoir rentrer sur Tarija. 37 heure de voyage en passant par Potosi au petit matin, puis les pistes de terre, la chaleur, le sable, et l’arrivée sur Tarija splendide,  content de retrouver la douceur de cette ville qui m’accueille depuis septembre après ces deux belles semaines de vacances..

 

 

 

 

  

 

 Promis c fini : )

 

Chao !

 

 

 

 

Par Spokito - Publié dans : Tarija, Bolivie
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Lundi 16 janvier 2006

Hello !

 

J’ai donc été accueilli par dans l’appart des Ugarte par Silvia, sa petite fille à croquer Maria Fe et Helena ( il faudra qu’ils m’expliquent leur truc pour qu’on se sente comme chez soi à peine rentré chez eux)  J'ai hérité d'une petite chambre sympa avec une vue terrible sur Cusco.

 

 

 Au cas zou, il est peut être bon de dire que Cusco fut pendant 100 ans, et jusqu’à l’arrivée des espagnols, la capitale du plus grand empire qu’ai connu l’Amérique du Sud. La cité impériale et ses environs regorgent donc de ruines que tout bon extranjero ne peut s’empêcher d’aller contempler. 
 


Silvia connaissait par coeur les ruines incas autour de sa ville, et leur visite coûte un peu les pied de la langue, du coup j'y suis allé en lone some cowboy. Rien de mieux pour s'imprégner de ces énormes rochers de granit agencés avec génie … et pour rencontrer du monde. Au détour d'une ruine je tombe donc sur un Miguel espagnol, un  Paolo et un Beto argentins,  et un Lucha cuscenien, pote de Miguel. Le chaos fait bien les choses, C juste énorme de se sentir proche de gens qu’on découvre par le plus complet zazar, de se trouver une langue commune pour parler d’Evo, de l’invasion espagnole, pour se marer d’un cristobal colombus qui un beau jour s’emmerdait tellement qu’il a pris sa barque pour aller foutre la merde de l’autre côté de l’océan... ils avaient quand même du mal à comprendre notre lois sur les aspects positifs de la colonisation…

Et puis c’était plutôt pas mal de quitter les sentiers battus pour se faire guider par Lucho dans des petits coins épargnés par les touristes… (comme des tunnels Incas construit pour pouvoir échaper aux espagnols... réservés au non claustrophobes) Ce fut donc une délicieuse après midi qui a fini en beauté par un orage digne de ce nom qui nous a fait rentrer en galopant jusqu’au centre pour se remplir la pense dans un petit resto.  

 

 

Bon il se trouve que selon certaines sources ce resto en question serait à l'origine de mon clouage au lit avec une infection de l’estomac deux jours durant… Certes il coûtait peu cher ( 60 centimes d’euro le repas complet) mais peut-on pour autant incriminer ce restaurant éventuellement parfaitement innocent. Moi je pencherai plutôt pour l’hypothèse de la banane mangé en guise de casse croûte qui avait vraiment une mauvaise tête de banane empoisonnée.

Bref toujours est-il que pendant deux jours je faisais pas le fier à trembler de froid comme s’il faisait – 40 puis à transpirer toute l’eau de mon corps… Merci à Silvia qui m’a alors supporté vec toute la gentillesse du monde !

 Fort heureusement je pétais la forme pour le 31, terriblement content de reprendre vie : )

On est parti avec Silvia et les deux Claudia de Lima qui étaient à Cusco pour quelques et on a parcouru les deux heures de route qui nous séparaient d’un site inca mágico

  

 

 Le soleil en Seigneur, les pierres en joyaux, et les montagnes en écrin...

 Les jambes légèrement moules il nous restait pas moins de l’énergie pour la grosse teuf du 31. A Cusco tout le monde se donne rendez-vous sur la plaza de armas (voir la photo du dessus). Quand l’heure fatidique approche, elle devient noire de monde, il y a des pétards qui explosent dans tout les sens (c’est presque du niveau d’Hambourg Noémie), le tout dans une atmosphère euphorique délirante, mais le plus énorme c’est cette tradition dont j’ai pas encore réussi à élucider la signification profonde : à  minuit les gens se mettent à courir , tout un coup des milliers et des milers de personnes font le tour de la place en se souhaitant bonne année chantant et évitant les pétards ; ) finalement je trouve qu’il y a rien de mieux que de se mettre à courir pour commencer l’année, un bain de foule pour sentir le monde et la force du nombre, l'energie qui s'en dégage te donne envie de courir c'est fatal. La suite, plus classique mais tout aussi sympa  se passe dans un bar à danser sur de la bonne ziiiik J'espere que vous avez passé un happy reveillon, tou dou boun pour cette nouvelle année !
A chao bonsoir!

Par Spokito - Publié dans : Tarija, Bolivie
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Mardi 3 janvier 2006

La Paz. Réveil tardif dans l'appart de Mike en présence de son colloque Fabian et d'un ami allemand à lui. Le ciel est d'un bleu 4000m. On discute autour d'un ptit dèj, un peu de gratte, et je dois me résoudre à les quitter… le voyage m'appelle et risque d'être long. 

Après avoir traversé la ville en taxi, je monte dans ces minuscules bus japonais, tellement étroits bas de plafond qu'on se demande comment une douzaine de personnes peuvent y rester enfermées pendant 2 heures de trajet ; )

L'arrive a Desaguadero est un peu brutale. A peine descendu de ce busito je suis assailli par une foule de types qui veulent porter mon sac qui veulent me guider au bureau de l'immigration qui veulent me faire monter dans leur vélo a trois roues, me cirer les chaussures et j'en passe.. J'essaye avec peine de leur dire que ça va très bien, que j'ai besoin de rien, que je peux débrouiller tout seul-

C'est là que je rencontre Alejandro, un jeune colombien qui est dans la même situation que moi (ouf je me dis, c'est pas juste á cause de ma tête de gringo que je suis harcelé comme ca). On commence donc a se diriger tout les deux dans cette foule bruyante au milieu de la poussière qui asphyxie et du soleil qui frappe. Passage rapide à la douane et on poursuit notre voyage jusqu'a Puno bluffé par ce que dégage comme force ce lac titicaca

C bon de voir que la terre est petite, que je peux comprendre un colombien, sentir les mêmes intérêts, les mêmes espoirs, la même révolte,  parler de politique, se raconter notre vie comme si on se connaissait depuis des lustres. Je découvre avec stupeur la violence qui règne dans son pays, comment ne pas se rendre compte de la valeur de la liberté quand il me dit qu’aborder ces sujets dans un bus en Colombie, c'est synonyme de mort…

Il me dit qu'il va jusqu'à Lima mais qu’à la vue du lac, il a pas envie de le quitter. Moi je n’avais pas trop de plan et laisser les 5 heures de bus qui me séparaient de Cusco ne me déplaisait pas.  L'idée de passer la nuit au bord du lac germe dans nos petites têtes.

Avec chacun des brides de souvenirs de ce que nous avaient dit nos copains respectifs sur Puno, le mot magique fini par sortir : îles flottantes. On part donc a leur recherche. Manque de bol il est déjà 6h30 il n'y a plus de bateau qui vont sur ces îles…

Un peu dépité, c'est alors qu'on croise Felix, il rentre chez lui après une journée de travail, et il fait partie de la communauté des Uros qui habite sur ces fameuses îles flottantes.   Il est ok pour nous faire monter  sur sa barque et nous laissez camper chez lui. Et là, c énorme on monte dans sa petite barque en bois et on se faufile à travers les roseaux grâce a l'agilité de Felix qui manie ses rames avec bonheur. Une demi heure avec le bruit de l'eau, le soleil qui se couche, des frissons… il voit ma guitare et je joue une chacarera de Tarija sur le lac titicaca… ca fait rire sa soeur et sa cousine qui rament sur une barque voisine pour rentrer chez elles. 

Ces gens habitent sur ces îles depuis plusieurs siècles, elles sont faites de racines de ces roseaux qu'on trouve par millier dans ce coins du lac, et le plus ouf c'est qu'elles flottent !   Tout l'architecture est faite à partir de ces plantes sauf l’église  et les deux  écoles "que nous ont donné les francais et les americains ". « Avant ma mère avait peur des gens de la terre », me raconte Felix, « avec ces écoles on a pu se civilizer »… ce dernier mot me glace le dos…

Le soir s'installe doucement, on commence à monter la tente, aidé par les enfants qui s’y mettent avec joie.

La nuit est étoilée, on s'enveloppe de poncho que transporte Alejandro. Il fait tout un périple en Bolivie et au Pérou, il achète de l'artisanat qu'il va revendre dans son pays. C'est son premier voyage et en haut du mirador il savoure comme moi les hasards qui ont fait qu'on s'est retrouvé là…

A 6 heure réveil par les rires des enfants de l'île..

Felix sur le "chemin " vers la terre nous compte son histoire celle de sa famille… Il me dit qu'il veut pas que son fils aille à l'université de Puno parce que c'est pas bien fréquenté.. il me demande si la ou je travaille il n'y aurai pas du travail pour son fils... je sens aussi l'amour qu'il a pour ses îles, pour ce mode de vie, pour la tranquillité qui y règne.

Ces îles sont très connues, les touristes affluent, les gens vivent de ça maintenant, de leur artisanat, de leur mode de vie...  Mais malgré tout, le sentiment d'avoir partagé une nuit avec eux, d'avoir pu discuter en effaçant un peu les touristes que l'on est, et puis les jeux avec les enfants, le silence de la nuit, au petit matin les cris des oiseaux-tiki comme des éclats de rire, tout ça reste comme des moments magiques.

Alejandro part pour Lima et je m'embarque dans le bus pour Cusco. 7 heures de voyage pour un trajet qui en prend 5 normalement… mauvaise pioche. Un conseil, si un jour vous devez faire Puno-Cusco ne prenez pas Power bus !    

Je suis accueilli par Silvia Ugarte et sa patate à te donner envie de courir partout même avec les  3500 m de Cusco et les 7 heures de voyage dans le sang  ; )

Un Noël les yeux fermés avec les Ugarte… un petit pincement en pensant à ma familla mais la vie qui est toujours aussi belle.

A plus !

 

 

Par Spokito - Publié dans : Tarija, Bolivie
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